C’est dans un article publié en avril 1999 de l’édition « Occupational Health & Safety » que James M. Kendrick a présenté la manière dont les tapis antifatigue fonctionnent. Voici ce qu’il dit : « les tapis antifatigue sont conçus pour permettre au corps de résister davantage à la fatigue et à rendre l’oscillation naturelle imperceptible, favorisant le mouvement subtil du mollet, et les muscles des jambes. Ceci favorise la circulation sanguine et l’empêche de stagner dans l’organisme, source de fatigue des travailleurs ».

Les risques liés à la position debout au travail

Les travailleurs dont les tâches les contraignent à rester debout sur des surfaces dures pendant de longues périodes sont sujets à une compression des muscles, réduisant ainsi le flux sanguin. Cette situation engendre des douleurs au niveau des muscles et des articulations, tandis que le sang stagne dans l’organisme. La position debout statique à long terme entraîne une pronation un aplatissement excessif du pied, pouvant aller jusqu’à la facilite plantaire. Les douleurs lombaires sont également plus importantes chez les travailleurs qui œuvrent en position debout, à raison de plus de quatre heures par jour.

Comme James M. Kendrick le fait remarquer, l’effet d’amortissement du tapis antifatigue permet un ensemble de micromouvements au niveau des pieds, réduisant ainsi le minimum le risque de stagnation de sang dans les jambes. Les scientifiques affirment également que les tapis antifatigue réduisent la possibilité d’accidents et améliorent l’efficacité générale des individus au travail. Il en résulte un absentéisme moindre, ainsi qu’un nombre inférieur de jours perdus en raison de blessures et une meilleure adéquation en matière d’exigences de santé et de sécurité au travail.

La preuve scientifique des tapis antifatigue

Il faut remonter en 1972 pour voir les résultats des premières études scientifiques, comme celle de Morgora, qui indique que l’incidence de la lombalgie au niveau du bas du dos était plus élevée chez les travailleurs se tenant régulièrement debout pendant des périodes de temps longues, c’est-à-dire supérieures à quatre heures. C’est en 1982 que les effets à long terme de la position debout ont été mis en évidence, directement liée à la douleur et à l’inconfort.

Il fallut attendre les résultats des recherches de deux scientifiques de l’institut des neurosciences, de la santé mentale et des toxicomanies du centre d’ergonomie de l’université du Michigan en 1988 pour voir le résultat d’une position debout sur sol dur par rapport à la même position sur sol mou. Les études ont en effet permis de conclure que la dureté du sol affecte les individus de manière significative, entraînant fatigue et manque de confort à travers différentes parties du corps.

À l’occasion d’une conférence à l’université de Reims, Redha Taiar, professeur des universités, a illustré la manière dont la mécanique humaine fonctionne dans le cadre d’un projet de l’utilisation de tapis antifatigue dans un environnement de travail. En observant la posture des travailleurs et en mesurant la pression au niveau du pied des employés en position debout pendant de longues périodes, le professeur Taiar a identifié deux causes de fatigue et donc une double approche dans la lutte contre les maladies musculosquelettiques associées avec la position debout prolongée.

D’abord, l’employé doit faire varier la pression du pied en position debout, afin d’éliminer l’effet de pression au niveau des muscles (fibres de Cendrillon). Ensuite, l’utilisation d’un tapis antifatigue élimine les points de pression au sol et répartit le poids de manière uniforme, venant ainsi corriger l’équilibre. Les conclusions du professeur Taiar ont confirmé que les douleurs corporelles sont considérablement réduites avec l’utilisation d’un tapis antifatigue.